Revue de presse

Ce pays qui nous était destiné

Aurore Paris

« Le cœur a ses raisons que la raison ignore », disait le philosophe Pascal. C’est justement de cœur et de raison qu’il est question dans cette fascinante histoire d’amour et de renoncement. Voilà des années, une femme est partie, a quitté son compagnon sans raison. Lui est resté, rongé par l’incompréhension et le ressentiment. Par le hasard de la vie, ils se retrouvent sur une île, juste tous les deux. La femme, devenue riche et célèbre, y possède une maison et souhaite que cet homme aimé par le passé écrive ses Mémoires. À deux, ils replongent dans leurs souvenirs communs, retissent le fil d’une relation brisée nette. Dans un décor de film où résonnent puissamment les mots d’Aurore Paris, Vanessa Fonte et Vincent Menjou-Cortès, co-interprète et metteur en scène, portent au plus haut ce huis clos qui libère tensions et passions pour embraser la scène.

Kilian Orain

Télérama Magazine — TTT / Festival Off d’Avignon 2025 : les 30 premiers coups de cœur de Télérama

« La dernière rencontre d’un couple d’artistes séparés depuis une dizaine d’années. Quand l’une est devenue star de cinéma et l’autre écrivain plus discret. Elle le convoque pour qu’il écrive ses mémoires… L’ultimatum a ses raisons. Un thriller amoureux. »

Libération

Sélection du OFF 2025

This Small Country of Two. There are shows in Avignon that arrive like whispers in the storm. In a festival season increasingly enamored with sonic excess, direct-address manifestos, and loud dramaturgies, Ce pays qui nous était destiné (The Country That Was Meant for Us) stands out by doing something quietly radical: it listens. Ce pays qui nous était destiné doesn’t impose its meaning — it invites it. It trusts that something quiet can still be heard. That slowness can be a form of resistance. That the spaces between words can say more than any line of dialogue. In a festival crowded with vehemence, this work chooses discretion. In a theatrical culture obsessed with “urgency”, it chooses to be patient. And in Avignon, where so much of the work is about being seen and heard, Ce pays dares to risk almost disappearing. That is not weakness. That is — actually — grace.

Pierre-Andrew Benoist

New York Times

Un drame sentimental qui met en lumière le talent brut de ses deux interprètes, Vanessa Fonte et Vincent Menjou-Cortès. Dans un intérieur élégant, ce huis clos tangue entre le carnage et la pureté des sentiments. Le texte d’Aurore Paris offre au duo Vanessa Fonte et Vincent Menjou-Cortès, qui est aussi metteur en scène, un formidable terrain de jeu. Jalousie de la réussite de l’une, mépris de l’échec de l’autre, histoire impossible… Chaque spectateur se raconte sa propre histoire, le texte se garde bien de trancher. On sort de là sonné et on se dit qu’on vient pour ça à Avignon, découvrir des talents. Vanessa Fonte, Vincent Menjou-Cortès, des noms à retenir.

Thierry Fiorile

France Info

« Ce pays qui nous était destiné résonne en chacun de nous. Qui n’a pas déjà ressenti cet indescriptible mélange de distance et de proximité qui n’existe qu’entre deux personnes qui se sont aimées, puis quittées ? Ce pays qui nous était destiné aborde avec délicatesse la question des différences sociales dans le couple, et de la pression que peut exercer le sujet de la réussite (professionnelle, affective, etc.) sur celui-ci. »

Tiphaine Le Roy

Théâtre(s)

« On a vu Ce pays qui nous était destiné au 11 : un huis clos saisissant de vérité. Les comédiens, Vanessa Fonte et Vincent Menjou-Cortès, font preuve d’une fabuleuse maîtrise de leur jeu : leur naturel est si époustouflant qu’on a l’impression que leur dialogue n’a pas été écrit, qu’il est spontané ! »

Angèle Luccioni

La Provence

Il y a de la justesse, une précision presque clinique dans la manière dont les deux personnages s’écharpent dans cet aller-retour permanent entre la nostalgie des temps heureux et la mise à mort des illusions, dans un espace où la frontière entre réalisme et onirisme s’est estompée. Huis clos tout en tensions dont l’issue sera funeste pour l’un des deux et dont l’autre ne sortira pas plus indemne, ce voyage au bout de la nuit porte en lui le décorticage impitoyable de la passion enfermée dans les rêts du quotidien.

Sarah Franck

ARTCENA

Dans la lignée de Cassavetes et de Bergman, Aurore Paris plonge dans l’intimité crue d’un couple au bord de la rupture et explore, jusqu’au vertige, les sommets et les abysses d’une passion dévorante et déchirante. Vincent Menjou-Cortès s’empare avec fièvre des face-à-face et, en brisant à plusieurs reprises le quatrième mur, invite le spectateur à devenir témoin de cette guerre charnelle. Les mots blessent ; les corps, eux, apaisent.

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

L’Œil d’Olivier


L’Injustice des rêves

Sénèque

Attention, L’Injustice des rêves, sélectionné au Festival Impatience 2021, est tout sauf une pièce, encore moins un vaudeville. Et pourtant, et c’est là le grand tour de magie du metteur en scène, cela a tout à voir avec le théâtre. Lumières « psyché », stroboscopiques, sons hachurés, voix modifiées, maquillages outranciers fluo, costumes délirants, décalés : Vincent Menjou-Cortès surjoue avec beaucoup de maîtrise et d’ingéniosité les effets dans un geste total, radical. Ce bien étrange spectacle respecte les codes de la tragédie tout en les distordant jusqu’à la cassure. Totalement hors norme, hors cadre, l’ovni théâtral de Vincent Menjou-Cortès dérange, enchante, bouscule.

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

L’Œil d’Olivier

Aucune émotion, aucune variation d’intensité, les différentes situations qui ponctuent la pièce sont abordées d’égale façon par les comédiens, ce qui accentue un peu plus leur côté androïde. Pas de larme, pas de cri, seulement des mots proférés avec acrimonie, des phrases qui se confondent avec des sentences, prononcées lentement, distinctement, exprimant avec cette pointe de perversité spécifique aux humains.

L’Injustice des rêves combine passé antique et futur anticipé pour mieux parler au présent. La pièce interroge la condition humaine en exposant la noirceur des êtres à une époque où ils renouent avec la barbarie.

Guillaume Lasserre

Mediapart


Avant que la terre ne brûle

Vincent Menjou-Cortès

Vincent Menjou-Cortès distille un humour détonant le long de scènes où la durée fait corps avec ses personnages, en plein partage d’une émotion instantanée. Aucun filtre dans la parole de l’héroïne, qui dit tout haut ce qui lui passe par la tête, face à son mec comme seule en extérieur. Le ton est au naturalisme drolatique. Dans la logorrhée (elle) comme dans la parcimonie (lui). Entre quatre murs comme à l’air libre. Dans l’écoute comme dans la mise à distance. Avec, comme point d’ancrage, l’annonce par la donzelle de sa grossesse de trois mois. (…) Mais, derrière le flot de paroles et le remplissage du vide, le réalisateur pointe la pudeur de l’indicible. C’est dans le silence que le rapprochement physique pourra enfin avoir lieu. Sur un banc, l’apaisement, et la tête sur une épaule. La terre n’aura plus besoin de brûler. Mine de rien, Menjou-Cortès construit savamment son film. La simplicité apparente cache un sens du cheminement, et une science de la présence à l’image comme de l’enchaînement des scènes. Chacune est un moment de vécu. Comme une succession de saynètes avec un enjeu chaque fois vibrant. L’action/réaction encore, telles les expériences chimiques. Et la solution prend. Définitivement.

Olivier Pélisson

BrefCinéma